Il vit si peu qu’il ne peut pas se permettre de dormir. le cinématographe est un pis-aller : les yeux des égarés dans les villes. en rachâchant de jean-marie straub et danièle huillet (1982) « — je ne retournerai plus à l’école. — pourquoi ? — parce que, à l’école on apprend des choses que je ne sais pas ». hier — assis sur
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Où sont les êtres le cinématographe nous le fait voir. c’est prodigieusement visible dans klassenverhältnisse de jean-marie straub et danièle huillet (1984) : chaque plan, chaque image, espace-temps miraculeusement sensible où les êtres —. « le temps et l’image sont indissociables. pour qu’une image existe il faut lui accorder un pe
« [godard] adorait les chiens. à chaque fois qu’il voyait le mien, il se baissait pour le caresser. mais ces derniers temps, il avait plus de mal à se relever. d’ailleurs, souvent, on s’accrochait bras dessus, bras dessous, pour remonter la rue du temple. à deux, on y arrivait mieux » (marie-anne, une habitante de rolle, dans le 20 minut
Si, odi et amo , peut-être que je hais la musique. la fiction du sentiment théandrique par excellence : filtre d’amour, stupéfiant . « pour se préserver des sirènes, ulysse se boucha les oreilles et se fit enchaîner au mât. […] or, les sirènes possèdent une arme plus terrible encore que leur chant, et c’est leur silence. […] et de
Je n’ai je crois devant moi aucun modèle, que cette langue, que ma carcasse, que mon passé. cette fois je n’ignore pas les hommes, leurs royaumes, leurs démocraties, leurs guerres. les hommes ? je ne les comprends pas. je les écoute, je les regarde, il m’arrive de leur parler, mais je ne les comprends pas. se comprennent-ils eux-mêmes ?
Avant l’aube. « comme l’étourdi sculpteur bombarès, qui aurait dû descendre à champigny, sautait de son train déjà en marche, un rapide l’écrasa » ( fénéon , nouvelles en trois lignes et autres textes courts). un rêve. j’aide une femme que je ne connais pas en essayant de vider un tonneau rempli de miel. j’en ai plein les main
« aujourd’hui on ne sait plus parler, parce qu’on ne sait plus écouter. rien ne sert de parler bien : il faut parler vite, afin d’arriver avant la réponse. on n’arrive jamais. on peut dire n’importe quoi n’importe comment : c’est toujours coupé. la conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du voisin aussitôt
Abus de langage, dit ma langue. c'est sans doute par abus de langage que je dis ma langue. je ferais mieux de dire abus de langue, me dis-je : cette langue ne m'appartient nullement. il est vrai que je n'en ai aucune autre, que si je me mets à parler (ici ou ailleurs), c'est cette langue qui me vient. j'en abuse : je fais comme si je la parlais. c
Suis-je seul dans ma langue (ici), en elle, avec elle ? il est certain que je parle (ici). il est certain que je parle seul (ici). il n’est pas du tout certain que je sois (ici), en revanche. je parlerais sans être (ici) ? autrefois j’ai voulu être dans ma langue : la parler à partir de moi-même, que ma langue devienne une part de moi-même
Je n’ai en un sens écrivant jamais ignoré mon lecteur, lequel absent ne me dit rien, cependant est là (ailleurs) au même titre que moi (là ailleurs absent ne disant rien). la langue n’est essentielle qu’à l’intérieur d’elle-même. je ne suis pas insensible à la langue (je ne suis pas insensible aux hommes, je ne suis pas insensibl