Suis-je seul dans ma langue (ici), en elle, avec elle ? il est certain que je parle (ici). il est certain que je parle seul (ici). il n’est pas du tout certain que je sois (ici), en revanche. je parlerais sans être (ici) ? autrefois j’ai voulu être dans ma langue : la parler à partir de moi-même, que ma langue devienne une part de moi-même
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Articles à découvrir
« je ne réfléchis pas : je regarde et laisse les choses me toucher les yeux » (renard, journal). l’autre soir à saint-pierre-de-clages pour écouter julien. la nuit à vex. « je suis algue bleue. comme ces amibes du début de la création de l’univers » ( godard dans télérama). — lundi du jeûne fédéral comme un dimanche la solitud
Avant l’aube. « comme l’étourdi sculpteur bombarès, qui aurait dû descendre à champigny, sautait de son train déjà en marche, un rapide l’écrasa » ( fénéon , nouvelles en trois lignes et autres textes courts). un rêve. j’aide une femme que je ne connais pas en essayant de vider un tonneau rempli de miel. j’en ai plein les main
« aujourd’hui on ne sait plus parler, parce qu’on ne sait plus écouter. rien ne sert de parler bien : il faut parler vite, afin d’arriver avant la réponse. on n’arrive jamais. on peut dire n’importe quoi n’importe comment : c’est toujours coupé. la conversation est un jeu de sécateur, où chacun taille la voix du voisin aussitôt
Les vieux comme des conques éblouies. un jus de pomme et volontiers un cendrier, s’il vous plaît. la beauté du lac passe toutes les beautés. ce qui ne va pas — « quelque chose là qui ne va pas » (beckett, comment c’est) — ce qui va quand même. si peu d’amertume dans les yeux. les êtres à peine. le rendez-vous avec la doctoresse
« tous ces gens qui séparément étaient capables de donner des signes de vie. mais réunis autour de la table, ils se faisaient froid les uns aux autres. ils semblaient tout à coup morts » (renard, poil de carotte, dans les « notes retrouvées »). rien devant moi que le silence. — la remarque de renard ne vaut pas seulement pour la famille
J’aime marcher, voir, me promener. en fait (dans les faits), en réalité (je veux dire dans le réel, je veux dire dans le réel que je connais), j’aime de moins en moins lire, parler, écouter mes semblables. quand je marche, je regarde. quand je regarde (en marchant), je vois. je vois même sans regarder vraiment (quand je marche). je n’en
Si, odi et amo , peut-être que je hais la musique. la fiction du sentiment théandrique par excellence : filtre d’amour, stupéfiant . « pour se préserver des sirènes, ulysse se boucha les oreilles et se fit enchaîner au mât. […] or, les sirènes possèdent une arme plus terrible encore que leur chant, et c’est leur silence. […] et de
J’ai par la gentillesse d’un copain français de nouveau l’usage d’un ordinateur portable, j’ouvre le traitement de texte et naturellement je dois me faire au clavier dit français, je m’y ferai (grâce à la plasticité de ce qu’ils appellent mon cerveau). j’ouvre donc une nouvelle fenêtre ici.
Soirée au port de pully avec yaël et nathan. se donner des signes de vie : être ne suffit pas. « parmi les êtres humains, on ne reconnaît pleinement l’existence que de ceux qu’on aime » (simone weil, la pesanteur et la grâce). « le sujet qui pense, qui se représente, n’existe pas. si j’écrivais un livre : “le monde tel que je l